Quoi
de neuf ?
Deux décembre 2009 : Les premières assises européennes de la coopération décentralisée organisées par la commission européenne et le comité des régions
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La salle de la réunion plénière |
Le CIEDEL a été invité à participer aux premières assises européennes de la coopération décentralisées qui se sont tenues au Comité des Régions à Bruxelles.
Ces premières assises ont consacré une évolution de la commission européenne quant à la reconnaissance du rôle des collectivités territoriales dans le développement.
Cette évolution, qui fait des collectivités territoriales un acteur à part entière de la coopération au développement, au même titre que les Etats ou les ONG est à saluer.
Toutefois, plusieurs points posent problème :
- La confusion entre l’appui à la coopération décentralisée et l’appui aux collectivités territoriales
La plupart des interventions des représentants de la commission européenne font un amalgame entre appuyer les collectivités du Sud (ligne de financement ANE/AL par exemple) ou appuyer les processus de décentralisation et l’appui à la coopération décentralisée.
A ce jour il ne semble pas y avoir encore une compréhension par les services de la commission de ce qui fait la spécificité de la coopération décentralisée, qui est une politique publique partagée entre deux ou plus collectivités territoriales.
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Les intervenants de l’atelier sur la gouvernance locale et régionale |
- Une volonté de coordination de l’aide et donc une tendance à la "mise aux ordres des collectivités"
Partant du constat qu’il y a plus de 90 000 collectivités territoriales en Europe (dont plus du tiers en France !), au nom du principe inattaquable de la nécessaire coordination de l’aide, il y a une tendance à proposer des modèles de construction de la coordination à partir du haut, alors que toutes les analyses qui ont pu être réalisées, montrent que si il est important de donner des orientations et des incitations depuis le haut, la coordination ne se construit qu’à partir de processus d’interaction et sur la base de dynamiques territoriales à partir d’ici ou le plus souvent de là bas.
- La prégnance des visions simplistes et éloignées des réalités du terrain
Enfin, alors que le mot magique qui est repris par la plupart des intervenants est celui d’identifier les « best practice », les interventions et les débats montrent que les simplifications abusives (décentralisation = démocratisation par exemple) continuent à faire flores, que beaucoup d’intervenants n’ont pas de réelle connaissance des réalités locales (il a été évoqué des foyers améliorés diminuant la consommation de bois de feu par cinq).
Au terme de ces premières assises, l’engagement a été pris d’en organiser de manière annuelle. Il y a sans doute un enjeu pour nous tous, qui sommes réellement impliqués dans la coopération décentralisée et qui savons comment les choses se passent sur le terrain de faire du plaidoyer pour faire évoluer les conceptions de la coopération décentralisée de la commission européenne à Bruxelles et dans les délégations.
Christophe MESTRE |