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Ouvrons des portes aux réfugiés

migrants« Devant la persécution, toute personne a le droit de chercher asile et de bénéficier de l’asile en d’autres pays ». Déclaration universelle des droits de l’Homme 1948

Les échanges, les rencontres et les métissages sont constitutifs de l’histoire humaine. Chacun de nous existe – n’existe que – grâce aux autres, ceux qui nous ont précédé, et ceux avec qui nous partageons la planète et que nous sommes amenés à rencontrer.

Nos cultures, nos langues, nos religions, nos cuisines, nos arts, nos organisations sociales, nos manières de penser l’autorité, nos façons de penser le lien, se transforment et s’enrichissent en permanence par les rencontres que nous vivons.

Or si certains d’entre nous ont la chance inestimable de vivre ces rencontres par choix, de plus en plus de personnes y sont contraintes par la guerre, les persécutions politiques, religieuses ou ethniques, des conditions économiques ou climatiques insupportables ; et ils le vivent dans la violence, le danger, la séparation, puis le rejet. Ces dernières années le montrent de manière effrayante, particulièrement pour les syriens et les érythréens.

Depuis 2011, le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés a pris en charge 4 millions de réfugiés syriens au Proche Orient. La Turquie en accueille près de 2 millions, le Liban 1 million. A l’échelle planétaire, une étude du PNUD de 2013 recensait 13,7 millions de personnes comme réfugiées dont 90% d’entre-elles vivant dans un pays en développement. L’Europe et la France en particulier sont donc loin d’accueillir « toute la misère du monde ».

Si des articles et témoignages de qualité sont diffusés, certains propos ou déclarations relayés dans les médias jouent sur le pire registre : la peur. Celle d’être lésé dans sa recherche de logement ou d’emploi, ou pire encore, celle d’accueillir des terroristes. Mais les personnes qui arrivent aux portes de l’Europe aujourd’hui sont des demandeurs d’asile, et nous avons le devoir de protéger ces hommes, ces femmes et ces enfants dont la vie, la dignité et les droits sont bafoués chaque jour.

Nous en avons le devoir parce que :

  • Nos pays sont signataires de la Convention de 1951 sur les réfugiés, dont l’article 33 dit : « Aucun des Etats Contractants n’expulsera ou ne refoulera, de quelque  manière que ce soit, un réfugié sur les frontières des territoires où sa vie ou sa liberté serait menacée en raison de sa race, de sa religion, de sa nationalité, de son appartenance à un certain groupe social ou de ses opinions politiques. »
  • C’est donner un signe fort du refus européen des conflits inter-religieux que l’Etat islamique et d’autres organisations extrémistes cherchent à implanter dans les esprits à l’échelle mondiale.

Nous en avons le profond souhait parce que :

  • Accueillir les réfugiés, c’est incarner les valeurs du projet européen et des Droits de l’Homme,  c’est donner un visage humain à une Europe trop souvent tournée vers des préoccupations libérales.
  • Nous savons que l’accueil de migrants constitue, pour celles et ceux qui s’y investissent, une expérience humaine rare et unique, de découverte, d’échanges et de rencontres avec des personnes exceptionnelles par leur courage et leur détermination à refuser la soumission et le chaos du monde

Nous pouvons en faire une chance, pour eux, pour nous, pour l’avenir, parce que :

  • Les migrants apportent leurs compétences et leurs idées pour contribuer au développement économique et social des pays d’accueil
  • Nombre d’entre eux contribuent au développement de leur pays d’origine (l’apport financier des migrants dans leur pays est 3 fois supérieur à l’aide publique au développement)
  • L’expérience acquise dans leurs pays d’accueil est utile au pays qu’ils ont quitté s’ils décident d’y retourner
  • La connaissance qu’acquièrent les migrants sur la culture de leur pays d’accueil, si elle est mobilisée au service de la coopération, est une richesse pour construire des partenariats avec leurs pays d’origine.

Nous en avons la possibilité si nous y engageons une vision de long terme et une action sur les causes des crises, en associant :

  • Les politiques, les collectivités territoriales, mais aussi les citoyens et tous les acteurs de la société civile
  • Des solutions politiques fortes qui accompagnent la construction de la démocratie et de la paix dans les régions du monde qui souffrent de conflits et acculent les populations au départ
  • Des liens et des actions de développement pour favoriser des conditions de vie dignes à tous et partout
  • Un travail en profondeur dans nos différentes sociétés et sur nos territoires, afin d’aider à dépasser les préjugés et les incompréhensions, la suspicion et l’hostilité ; pour passer de la peur à la culture de la rencontre, et penser la rencontre des cultures autour des itinéraires, si variés soient-ils, de tout un chacun.

Le CIEDEL salue les nombreuses initiatives de toutes celles et ceux qui se mobilisent pour que les réfugiés soient accueillis dignement et pour organiser concrètement cet accueil.

Il  s’engage à son niveau à :

  • continuer à agir pour favoriser la  communication interculturelle, pour favoriser l’accueil des personnes en situation de détresse et pour permettre l’accès à ses formations à ceux qui en ont besoin
  • continuer à œuvrer pour le développement local dont les principes permettent de tendre vers la construction de sociétés plus justes, de conditions de vie décentes, et de systèmes de décisions partagés,
  • intégrer la thématique "migration" dans ses interventions (réseau, formation...) ses actions et ses publications.