Le projet d’amélioration du service de l’eau potable dans neuf communes au Burkina Faso (PASEP) a deux ans.
Au Burkina Faso la communalisation intégrale de 2006, a accéléré le processus de transfert de compétences aux communes, et en particulier aux communes urbaines érigées en 1995 ou 2000. Ce transfert de compétences concerne de nombreux domaines dont le service public local de l’eau potable.
En 2007, le projet est né du constat que plusieurs communes urbaines du Burkina Faso disposaient de réseau d’adduction d’eau potable dont elles étaient légalement les propriétaires. Elles avaient confié la gestion délégué à un office public burkinabé, l’ONEA, mais dont elles n’avaient ni les connaissances ni les compétences pour en assurer la réelle maîtrise d’ouvrage, le fermier du service de l’eau assurant toutes les fonctions et responsabilités.
Si des communes urbaines ne parvenaient pas à assurer leurs responsabilités quant à la gestion d’un service public local, qu’en serait- il alors des 301 communes rurales mises en place en 2006 !
Le PASEP est né de ce constat fait conjointement par l’ONEA, le SEDIF, Eau Vive et le CIEDEL. Ils ont alors décidé de mettre en place un projet visant à accompagner l’acquisition des compétences de maîtrise d’ouvrage de ces communes. Ce projet devant déboucher sur l’élaboration d’un corpus de formation dont pourront bénéficier par la suite les autres communes burkinabé.
Depuis Novembre 2007, grâce aux financement du SEDIF (Syndicat des Eaux d'Ile de France) et de Reims Métropole sous la responsabilité du CIEDEL, une équipe d'Eau Vive Burkina Faso pilotée par Adrienne Ramde, ancienne étudiante du CIEDEL, a développé une démarche ambitieuse d’appui aux communes pour qu’elles soient en mesure d’exercer réellement leurs compétences de maîtrise d’ouvrage du service public local de l’eau. Cette démarche, méthodique et rigoureuse est basée sur quelques principes simples :
- Se positionner en appui au conseil municipal, sans chercher à décider à sa place. Les élus sont les responsables du service public local de l’eau. S’ils ont été candidats aux élections c’est bien pour exercer des responsabilités !
- Mettre les élus devant leurs responsabilités en leur donnant des informations claires, et en ne leur cachant pas les problèmes : exploitation déficitaire des réseaux, impayés, faible nombre de branchements individuels alors qu’ils sont les plus rémunérateurs…
- Développer une pédagogie active (visualisation des informations par le recours au papier kraft et aux affichettes, organisation d’ateliers de travail multi-acteurs et de travaux de groupe…) pour faire de l’aide à la décision en direction des élus
- Une disponibilité permanente à l’attention des élus pour des appuis individualisés.
- Des actions d’amélioration du réseau de manière à l’amener à son seuil de rentabilité, actions cofinancées entre les communes et le projet.
Deux ans après le début de cet appui, les changements sont notables :
- Il y a deux ans, les élus découvraient qu’ils avaient la responsabilité du service public local de l’eau, aujourd’hui ils maîtrisent le fonctionnement et le tracé de leur réseau, et en connaissent les priorités d’extension.
- Il y a deux ans quant le fermier venait présenter son compte-rendu technique et financier en conseil municipal il n’y avait pas une question de la part des conseillers, aujourd’hui le débat dure plus longtemps que l’exposé !- Il y a deux ans les relations entre les élus et les cadres du fermier étaient des relations « verticales », aujourd’hui les élus parlent comme les « patrons » du service public, et demandent des comptes.
- Il y a deux ans le fermier décidait seul des investissements à réaliser pour améliorer le réseau, aujourd’hui ce sont les élus qui lui fixent leurs priorités.
- Il y a deux ans les élus disaient « il n’y a qu’à » pour améliorer le fonctionnement du service public local de l’eau, aujourd’hui ils pèsent les conséquences financières de chaque décision en sachant que toute augmentation des charges entraine potentiellement une augmentation du prix de l’eau!
Le travail n’est pourtant pas fini.
D’une part, les résultats ne sont pas tous au même niveau dans toutes les communes, d’autre part, tout un travail commence dans des communes rurales qui n’avaient pas de réseau AEP, où ceux-ci se mettent en place et seront gérés par des prestataires privés. Il va falloir développer une compétence de maîtrise d’ouvrage des communes en relation avec des prestataires privés et les directions de l’hydraulique qui conservent un rôle important.
Enfin, à partir de là, l’équipe va produire des outils de formation à partir de l’expérience qu’elle aura capitalisée durant tout le déroulement du projet..
C’est quand ces modules de formation seront opérationnels et utiles aux nouvelles communes, que l’on pourra réellement dire que ce projet aura été utile à l’exercice de la compétence eau par les communes burkinabé, aura contribué à ancrer le processus de décentralisation en restituant aux acteurs locaux la maîtrise des affaires locales.
Pour cela, rendez vous en début décembre 2009 dans la province du Bam pour la mise en œuvre par l’équipe d’une première formation en direction d’élus de communes qui ne sont pas directement concernées par le projet..
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Quand il s’agit de visualiser, tout le monde se mobilise ! |
Monsieur le maire de Diapaga et son conseil attentif au compte-rendu technique et financier du fermier |
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| Surtout quand le résultat d’exploitation est positif pour la première fois depuis l’inauguration du réseau ! |
Monsieur le premier adjoint au Maire de Zorgho sortant de sa mairie pour aller effectuer la visite de chantier dont il signera le compte-rendu. |
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| Les visites de chantier aussi demandent de recourir aux techniques de visualisation |
De sortir des sentiers battus… |
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Pour vérifier les emplacements des tranchées et la localisation des futures bornes fontaines. |
Même quand elles sont gardées par les abeilles des ruchers traditionnels ! |
Christophe MESTRE
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